1-André Collinet, sa jeunesse et les ancêtres

Lors du décès accidentel de notre père en déc. 1981, nous avons vu notre mère s’effondrer et sombrer… sa douleur qui nous sautait aux yeux et aux sentiments a centré toute notre attention vers elle pour tenter si faire se pouvait d’atténuer sa peine, sans jamais aborder notre propre douleur. Depuis, je me suis aperçue que je gardais l’impression que l’on m’avait volé ma peine et que je n’avais pas en quelque sorte fait le deuil de mon père.

Depuis 30 ans, je tentais vainement de retrouver cet homme qui fut mon père et que je connaissais si peu sous sa carapace de macho-paternaliste protecteur et cynique !! Pendant notre enfance, il a représenté l’autorité rien que par la menace, « attention je vais le dire à ton père ! » une autorité tranquille, bienveillante et persuadé que l’éducation des enfants se faisait principalement par l’expérience, ce qui lui permettait de sourire lorsque nous subtilisions des outils, des matériaux d’entretien de la maison. Et des expériences, nous en avons faits en utilisant « son atelier » comme ressources, en passant par les produits chimiques lors de nos expériences de chimie jusqu’aux colliers modernes fabriqués avec les joints d’étanchéité des robinets !!!! mais tout cela il m’aura fallu des années avant de m’en apercevoir.

La présentation d’André Collinet, se déclinera sous la forme des grandes périodes qui l’ont construit : 1. Son enfance en boulangerie – 2. Les camps de scoutismes – 3. La période de guerre, la planque dans le cher, pour éviter les arrestations et l’envoi au travail obligatoire – 4. Le service militaire à 20 ans en sortie de la guerre – 5. Son mariage et notre père

  1. 1. Son enfance en boulangerie

Le commerce tenu par les parents était pluridisciplinaire… et a révélé des confrontations d’activités quelles que peu paradoxales, la boulangerie nécessitant un réveil à 4 heures du matin pour préparer la pâte du pétrin, la viennoiserie bien sûr, la pâtisserie que sa sœur Paulette pourra nous expliquer, un fond d’épicerie et pour finir un bar qui prolongeait l’activité « jusqu’à plus d’heure ». Dès les 12 ans d’André, ses parents font appel à lui pour les seconder, son père se couchant à plus de minuit avec les derniers consommateurs, il avait en charge la fabrication du pétrin avec sa mère afin de lancer la production avant l’ouverture du magasin.

Dans le même temps, on livre le château de Chamarande sur lequel travaille le père de Raymond, son grand copain. C’est ainsi que la conduite de la camionnette se fait bien avant de passer le permis, la vente est prioritaire, il fallait bien livrer !! Bien sûr il existait les livraisons en cycle porteur mais le moteur devait être bien apprécié.

Publié par scollinet

Curieuse de tout et à l'écoute des besoins d'émancipation et de cohésion sociale.

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