A partir de 1950, la vie reprend son cours et les événements se précipitent… la guerre est terminée, les couples se forment, les familles se démultiplient et les enfants sont les bienvenus. Si les denrées de consommation courantes ont mis un certain temps à revenir sur les étals, le travail est très accessible et les payes font miroiter des ascensions sociales aisées à tous ceux qui s’investissent dans leur emploi.
De côté des Provoost-Favre, cela commença par le divorce de ma grand-mère, Marthe Favre qui rencontra un bel homme plein de joie et d’allant qui la fit rire et lui promit mille merveilles … elle divorça en 1948 dans la douleur et se maria avec Jean Lourtioux (en janvier 1950, il a 42 ans et elle 36, il exerçait le métier de policier), qui deviendra le père de la petite Simone, sœur de Madeleine, une grande sœur de seize ans son aînée. Leur amour sera bref sur l’échelle du temps, son nouveau mari accusé de corruption, fut jugé, purgea une peine de prison et fut révoqué de la fonction publique. Sa femme, Marthe travaillait et fit vivre sa petite famille jusqu’à ce drame mortel, en 1956 qui provoqua son décès… Madeleine gardera une grande rancœur et profonde blessure envers les séparations. Un mariage, c’est pour la vie qu’elle nous répétait sans cesse !! S’il y a divorce l’un des deux souffre trop… elle a vu ses parents se battre et son père ivre de rage, tirer sa mère au sol par les cheveux. A cette époque, de nombreux membres de la famille de Madeleine vivaient dans des petits logements rue Galliéni à Montreuil.
Au cours de leur vie, plusieurs avaient acheté leur logement, Nénette (Jeannette Bartholomeüs 1890-décédée au cours de la décennie 1960) qui se fait offrir un logement par son amant, René Coty qui entrera au gouvernement de la 4ème république. Nénette exerça un métier en bonneterie et sous-vêtements qu’elle vendait sur les marchés, sa sœur Pauline Guelle, la grand-mère de Madeleine, jean et André Gauthier, ses nièces Simone Favre, Marthe y trouvèrent aussi un logement où elles vécurent avec leur famille, puis Jean commença aussi sa vie dans un petit appartement en RDC de cet immeuble. Lucien Provoost après le divorce déménagea rue Girardot à Montreuil avant de partir dans le Vaucluse dès ses droits au repos rémunéré acquis, de cette appellation en espagnol bien plus prometteuse que celle en français, la jubilation. Madeleine et André en se mariant en 1952 sont touchés de plein fouet par la pénurie de logement, ils commencèrent leur vie commune dans une chambre d’hôtel rue Montmartre, avec un matelas plein de punaise, puis au moment de la naissance du premier enfant en 1954, la tante Simone leur prêta sa maison de campagne, un petit pavillon de banlieue à Chennevières sur Marne dans l’attente de la construction de leur propre pavillon d’Eaubonne. Ils emménagèrent dans leur « Home sweet-home » au cours de l’hiver 1954 avec de la glace dans les robinetteries tous les matins en raison de la rigueur bien connue de cet hiver-là, mis en valeur par l’appel de l’abbé Pierre.
3.1- Les fiançailles, les mariages, et les anecdotes de famille
La décision du mariage, Son diplôme de chimiste en poche il revient chez Rochas en mars 1952 mais en tant que préparateur en parfumerie. Entre temps Madeleine avait un peu vieillie… car quand ils se sont épousés en janvier 1952 ils avaient respectivement 17 ½ ans et 31 ½ ans. Mais son frère et sa sœur s’étaient eux aussi trouvés boulot et maris, ce qui le libérait de ses obligations de chef de famille. Il ne restait qu’une organisation entre eux trois pour héberger la mère sans revenu, car en tant que femme de commerçant, il n’y avait aucune protection sociale, puisque c’est après 1981 que Mitterrand a incité à trouver un dispositif pour les indépendants et leurs épouses.
Les fiançailles vues par la sœur d’André, Un dimanche est prévu pour qu’André vienne pour un repas dominical en famille. Dix jours avant, il proposait de leur présenter une jeune femme qu’il fréquentait, huit jours avant il expliqua que ce serait bien si sa mère et sa sœur viennent car elles vivaient ensemble et Madeleine élèvait sa sœur le jour pendant le travail de nuit de sa mère… puis la veille, il proposa d’inviter la sœur jumelle de sa mère et son frère et les conjoints afin de faire rencontrer les familles, en tant que repas de fiançailles ! A ce souvenir, Paulette lève les bras et les yeux au ciel en envisageant tout le travail nécessaire pour accueillir autant de monde pour un évènement si important en une nuit !! Et les desserts, et le repas pour 20 personnes, et la table à arranger pour un repas festif…
Mariage du frère d’André, Lucien le jeune frère (né le 02/08/1924 à Limours) qui se marie avec Jeannine Lévier (née le 13/04/1928 à Vitré) le 17 juin 1953 à St Quentin de Chamarande.
3.2-Madeleine, sa vie de femme mariée, ménagère et notre mère et grand-mère,
Les débuts de sa vie de famille, A la naissance de sa petite sœur, Simone, dont Madeleine s’est occupée en soirée et nuit en raison du travail nocturne de sa mère, elle avait 16 ans, commençait à vivre les émois de l’amour mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille, sa mère part au travail sur la route habituelle, elle en solex, une camionnette la renverse sur le rebord du trottoir et c’est la chute mortelle. Madeleine a à peine 22 ans, est mariée depuis 3 ans avec un enfant de 18 mois, toutefois elle prend en charge cette enfant, comme son enfant… j’ai eu une grande sœur pendant des années !! Entrant à 6 ans à la grande école, l’institutrice (Mme Boucher) me demanda des nouvelles de Simone, comment allait-elle… je me souviens être restée stupéfaite devant cette question car elle ne vivait plus à la maison, à cette époque on ne donnait pas d’explication aux enfants… les silences ou secrets de famille sont par nature maltraitant, que c’était-il donc passé pour briser ainsi l’harmonie d’une famille. Questionnée à ce sujet Madeleine avait juste murmuré, dans un premier temps son père a voulu reprendre sa fille car il s’était installé avec une compagne, puis lors d’une nouvelle séparation ils ont fait une réunion de famille et ont pris la décision que ce serait mieux en tant que sœur jumelle de confier la garde de l’enfant à la tante Simone… absence de mots, silence institutionnel, Madeleine était enceinte du second enfant et semblait n’avoir même pas participé à ces échanges… un mystère planait, des questions jamais élucidées… en effet pourquoi ??? Ensuite cette sœur réapparaissait pendant les vacances scolaires que nous passions ensemble jusqu’à l’adolescence.
Sa capacité phénoménale en calcul mental, En tant que mère au foyer, il fallait réciter les leçons le soir auprès d’elle… mais là où elle était redoutable c’était avec le calcul mental, par exemple en faisant les courses sur le marché, l’étal du commerçant ne disposait que de ces vieilles balances composé d’un plateau et d’un cadran triangulaire muni d’une flèche mobile suivant le poids et le prix en fonction des indications de ces deux parties… la flèche indiquant le prix au kilo, le fond du cadran côté commerçant, le poids (ou le contraire !!) donc portant la mention du prix à demander au client. Madeleine était capable rien qu’avec l’info sur le poids et le prix au kilo, de calculer au centime près ce qu’elle devait payer…
Et puis il y a eu les différents mariages des cousins, cousines… son cousin Dodo, son cousin Dédé, son frère Jean, …



























