2.1-Mado, Son enfance avec les cousins et les ancêtres,

Madeleine est gardée par la grand-mère maternelle, Pauline Guelle (1872-1954) qui gardait les enfants de ses enfants, au nombre de sept, car les femmes travaillaient. Ainsi cousins et cousines ont été élevé.es ensemble comme une joyeuse colonie de vacances ! Sur les fotos on ne retrouve pas Tous les enfants… n’apparaît qu’un ou deux individus en compagnie de Jean et Madeleine, frère et sœur, et le cousin Dédé. Ces 3 enfants venaient de la lignée du petit cordonnier savoyard Jean Favre (1875-1935), leurs mères, sœurs jumelles Simone et Marthe Favre.

Pour la petite histoire, cette grand-mère (Pauline Guelle) a eu deux maris et des amants dont un seul, a laissé son nom à une descendance, Jean Favre cordonnier savoyard, venu des Alpes (01) ayant reconnu ses filles à la naissance sans être marié avec la mère car elle bénéficiait de l’éducation gratuite pour les enfants d’artistes de son précédent mariage au titre de son métier de comédien, Gustave Guillo (marié en nov. 1898). Cette lignée en a fait une cause de mépris envers le petit cordonnier… mais je manque de développements en raison d’une rupture entre les 2 branches familiales au moment d’un décès et surtout du partage des quelques bijoux, ayant provoqué un silence et une absence totale de communication entre eux. Je me souviens seulement du ton hautain d’une vieille tante décrivant les personnages sur ses fotos recouvrant les murs de ses souvenirs people !! La famille de Pauline se composait ainsi des Guillo avec trois enfants, Emilienne, René et Félix, des Bartholomeüs avec deux enfants, Jeanne et Georges, puis Les Favre avec les deux dernières Simone et Marthe.

Madeleine doit se trouver au 1er rang à la 5ème position par la droite

2.2-La période de guerre à Montreuil,

Pendant la guerre, la famille Favre-Provoost ne manquait de rien, les parents avaient des économies qu’ils projetaient d’utiliser dans un achat de terrain pour construire, ils ont annulé le projet et conservé leurs économies pour vivre la guerre. Des souvenirs, Madeleine en avait bien sûr mais elle n’avait que 8 ans, suite à l’apparition de l’étoile jaune cousue sur les vêtements de cette amie, Madeleine se souvenait de la discussion avec sa mère, elle la revoyait lui expliquer qu’il ne faut pas rejeter ses amis sur de faux prétextes et que les personnes qui sont nos amis,il est important de les conserver en tant qu’amis !! Ces événements sont liés à la disparition de toute une famille, leur voisin, et de son amie Arlette… ils habitaient la grande maison juste à côté, le père était médecin et les enfants étaient amis. Un jour, toute la famille a disparu, ils étaient sans doute athées, mais d’origine juive… Jamais sa famille n’a proféré la moindre critique envers des français, le moindre reproche sur leur style de vie mais surtout n’a jamais incité les enfants à haïr. En dehors de ce contexte, certains souvenirs revenaient par bride, ou par émotions, tel que : dès ses 6 ans son frère la prenait par la main pour se rendre sur les lieux où les bombes tombaient… pour voir !! – dans les logements, les vitres entièrement recouvertes de papiers journaux pour filtrer toute lumière interdite dès la tombée de la nuit, en raison du couvre-feu – mais elle mangeait à sa faim, avait un manteau neuf à chaque hiver…

A un moment où le danger se précisait sur Paris avec des rumeurs de bombardements plus fréquents concernant les quartiers d’habitations, cela devait correspondre à la période de l’exode mai-juin 1940, les parents ont décidé de faire partir les enfants en lieu sûr, chez de la famille ou des amis en province… Malgré son jeune âge, Madeleine se souvenait du départ en voiture, celle de Tonton Tonin, vers une maison de famille du côté de St Nazaire, mais n’en eut pas vraiment plus de souvenirs en dehors de son traumatisme d’être séparée de ses parents et ses cousins, le genre de syndrome, toute seule au monde !

Le temps de la retraite rémunéré,

Les souvenirs de Madeleine au sujet de l’institution du dispositif des retraites, le régime général de la sécu, 50% du salaire, vécu par sa mère et sa tante (toutes les 2 sœurs jumelles- NDLR). Les femmes se sont mises à danser et chanter, « on va être riche, on va être riche ». Ils ont trinqué, les chants et les danses se poursuivirent dans l’allégresse, debout sur les tables en chantant « on va être riche, on va être riche !! ».

2.3-Les fêtes de fin d’année chez Rochas et la rencontre de son amour,

Dès ses 15 ans ses parents l’enlèvent du collège, où elle apprenait avec plaisir, pour la mettre au travail. Elle appréciait les apprentissages scolaires, mais à cette époque, les enfants ne discutent pas une décision parentale. Ainsi en 1949 elle entre chez Rochas grâce à sa tante Emilienne Guillo, en tant que magasinière. Là elle fait ses preuves et se fait remarquer pour son enthousiasme, ses capacités, et son autorité naturelle. Rapidement elle devient chef d’équipe et doit veiller à la rentabilité de ses collègues. C’est à ce moment qu’elle devient amie avec Odette que nous avons eu la chance de connaître et de fréquenter.

Cette période devient des moments de joies et de découvertes… Marcel Rochas a commencé son activité par la création de mode et de parfum, l’entreprise familiale favorise l’organisation des fêtes pour toutes les grandes occasions selon la tradition des métiers de la mode et la confection, les fêtes de fin d’année certes, mais aussi les catherinettes des filles non mariées à 25 ans, etc. De plus cette entreprise tourne fort et le luxe est source de richesse, les employés ne sont pas oubliés.

Au premier regard, du haut de ses 15 ans Madeleine Provoost tombe amoureuse d’André Collinet, qui venait tout juste d’être embauché chez Rochas à 29 ans en 1949 mais il la trouve un peu jeune à son goût et de plus il a la charge de soutien de famille !! Il lui laisse 3 ans pour réfléchir, sort de chez Rochas au bout d’un an pour se former aux métiers de la parfumerie et s’occuper de sa famille parentale dont il est responsable sur le plan financier à la suite de la faillite de la boulangerie et du décès de son père en 1942.

Il revient 6 mois plus tard, avec un diplôme de chimiste en poche pour se faire embaucher en mars 1952 en tant que préparateur en parfumerie. Toutefois le mariage ayant eu lieu en janvier 52, ils ont dû se voir entre temps !

Publié par scollinet

Curieuse de tout et à l'écoute des besoins d'émancipation et de cohésion sociale.

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